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LES PLANTES DU CHAOS

Réf.: L004
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LES PLANTES DU CHAOS

Et si les pestes vénétales étaient nos alliées ?

Préface de Pablo Servigne

(extrait: "Ce livre est un vrai miroir diffractant : il stimule les nouvelles idées, il change le regard, il déboussole, il fait bifurquer.")

 

   Dans les années qui ont précédé le chaos inauguré par la pandémie du Covid-19, nous les avions volontiers qualifiées de « pestes végétales » :  Jussie, buddleia, séneçon du Cap ou datura stramoine, nous les avons souvent importées sans même nous en rendre compte d’Asie, d’Amérique ou d’Afrique de par notre frénésie d’exploitation économique sans limites de la planète.

Elles prospèrent aujourd’hui avec une vitalité insolente dans nos écosystèmes ravagés par l’urbanisation et artificialisés par tous les « aménagements » agricoles et industriels.

Elles ont beaucoup à nous apprendre, et même à nous proposer si nous arrivons à changer notre regard et notre comportement ; elles peuvent même sans doute nous aider si nous les considérons comme des miroirs de la nature, de notre propre nature.

Depuis la révolution industrielle, mais encore et toujours plus depuis la fin du XXe siècle, la déforestation globale, le développement démesuré de l’agriculture intensive, de l’exploitation minière, de l’urbanisation, le développement des infrastructures routières, maritimes et aériennes, le commerce international ont créé les « conditions idéales » pour la propagation des plantes dites invasives.

Selon les rapports d’évaluations de la biodiversité mondiale par l’IPBES[1] nous avons asséché ou pollué près de 90 % des zones humides et utilisons plus de 30 % de la surface terrestre et près de 75 % de nos réserves d’eau douce pour l’agriculture et à l’élevage. Nous sommes bientôt près d’arriver au fond de l’assiette.

La pollution atmosphérique serait responsable de près de 800.000 morts par an en Europe et 8,8 millions dans le monde[2]. En France, en 2016 environ 50 000 décès ont été ainsi attribuables à la pollution de l'air.

Alors il faut trouver des responsables pour exorciser notre angoisse, plutôt que de remettre en cause nos habitudes, nos certitudes et ce que nous pensons être « notre » confort.

         Les plantes sauvages, surtout lorsqu’elles sont migrantes, et qu’elles occupent des places où nous ne les avions pas assignées peuvent devenir les boucs-émissaires idéales.

Évidemment, elles prospèrent, s’étendent et mutent : nous leur déplions depuis des siècles le tapis rouge. 

Sont-elles vraiment nos ennemies, datura « herbe du diable », séneçon du Cap « fleur du mal », jussie « peste végétale » ?

Rien n’est moins sûr si on cherche à comprendre les raisons de leur arrivée, du succès de leur installation, à chercher des bienfaits qu’elles pourraient nous apporter, et à s’émerveiller de l’interaction positive qu’elles établissent à long terme avec des écosystèmes à bout de souffle.

Voilà le propos de ce petit livre, renouer avec les renouées fussent-elles du Japon, se réjouir de la force de la vie qui recompose les paysages de demain et panse les plaies de nos actes les plus désastreux, les regarder, se regarder honnêtement et simplement au miroir des plantes, et tenter d’entendre leur chant, d’observer leur geste, messages de liberté et de vitalité.

 

 

[1] IPBES qui est une émanation de l’ONU, est la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques. On l’appelle parfois « GIEC de la biodiversité ». Elle étudie et rend des rapports sur l’état du vivant sur la planète.

 

[2] Lelieveld & al., 2019, Cardiovascular disease burden from ambient air pollution in Europe reassessed using novel hazard ratio functions, European Heart Journal, Volume 40, Issue 20, 21 May 2019, Pages 1590–1596,  https://doi.org/10.1093/eurheartj/ehz135