https://www.fetedessimples.org/16-limousin-chanteix/

 

« Depuis 40 ans des femmes et des hommes ont consacré leur vie à préserver des savoirs et des savoir-faire traditionnels liés aux plantes médicinales, à résister à l’industrialisation et à la robotisation du monde, à transmettre leurs connaissances et leurs convictions.

Aujourd’hui les plantes connaissent un engouement populaire en expansion constante, mais ont-elles encore une place et un avenir au moment de l’avènement du tout-virtuel, du tout-sécuritaire et de l’effondrement de la biodiversité ? » 

A l’aube des années 1980, les paysans et leurs savoirs sont alors à l'agonie en France dans une quasi indifférence de la société. Les savoirs et les usages des plantes sauvages sont méprisés, relégués aux oubliettes de l'histoire, sauf par quelques pionnier.e.s qui leur portent un autre regard et essaient de sauvegarder et de « vivre » cet héritage culturel en train de disparaitre.

Ils s’installent dans des zones de montagnes, alors en voie de désertification (Cévennes, Haute-Provence, Haute-Loire, Vosges, Ariège, etc.) pour cueillir et cultiver des plantes aromatiques et médicinales et fondent en 1982 en Cévennes le syndicat SIMPLES. Ils sont attachés à la défense de l’environnement, à la liberté et à l’autonomie.

  Ils seront par exemple parmi les premiers et très rares lanceurs d’alerte à la pollution radioactive au moment de la catastrophe de Tchernobyl, contre l’omerta de l’Etat et des instances agricoles. Au cours de la décennie un mouvement populaire plus large pour l’intérêt des plantes renaît peu à peu. La consommation nationale augmente et commence à intéresser des grandes entreprises non pharmaceutiques (Yves Rocher, Mességué, etc.) bien que l’Etat légifère à l’envers de ce courant en déremboursant les plantes en 1990 (Loi Evin).

Malgré les prémices de la reconnaissance du public dans les années 1990, le syndicat doit de plus en plus entrer en lutte contre les « agressions » des pouvoirs publics et contre le développement exponentiel de l'agrochimie et les pollutions 

En 1992, l'Etat prend le contrôle de la bio avec la norme AB et signe la fin de la reconnaissance officielle des cahiers des charges "privés" (Simples, Nature & Progrès, Demeter)

La même année, la DGCCRF intente un procès procès à un producteur du département de la Loire, Michel Cartal au nom de la Loi Montagne. On lui reproche de faire référence à la montagne sur ses tisanes alors qu’il n’a pas payé et suivi la procédure de certification alors qu’il habite et travaille à plus de 1200 m d’altitude !!!  

En 1998 c’est la lutte contre le projet de barrage de Chambonchard sur le Cher dans une vallée qui n’abrite pas moins de 19 espèces végétales protégées ! un formidable territoire de plantes médicinales sauvages à défendre.

Le procès de la coopérative Biotope des Montagnes a lieu en 2002. Quinze productrices et producteurs du syndicat Simples sont co-inculpés et condamnés en première instance pour avoir simplement vendu des sachets de tisane de prêle des champs dans une boutique bio du Calavados ! C’est la relaxe et la victoire en appel à Nimes en 2005

En 2006 nous fêtons la victoire avec la 1ere fête des Simples à Nant en Aveyron pour interpeller le grand public sur les réalités de notre métier. A la suite, 10 éditions successives vont se succéder dans un tour de France des régions elles rassemblent de 5000 a 8000 personnes en octobre de chaque année  

En 2008 le ministère de la santé décide de la modification du Code de la santé publique et de la révision de la pharmacopée, nous sommes invités pour la première et l’unique fois à ce jour au Ministère de la santé. 148 plantes seront libérées par décret en 2008.

            C’est aussi l’époque où le syndicat s’ouvre aux demandes de producteurs des plaines qui aboutiront à la création des massifs de Bretagne et de Bourgogne

            Depuis les années 2000 le syndicat fait face à une escalade des menaces administratives et environnementales qui sont la conséquence des dérives d'une société sécuritaire et d'une politique néolibérale hostile à la protection de l'environnement, l'engagement politique des simples devient une question vitale, il est inévitable.

L’Etat diligente la DGCCRF pour interdire à Simples l'usage des préfixes « bio » « éco » sur tous les supports de communication.

La même DGCCRF lance une enquête nationale sur les alcaloides pyrolizidiniques, c’est le harro sur des plantes traditionnelles comme la consoude ou la bourrache. 

En 2014, un décret limite drastiquement l’usage médicinal des plantes pour le soin aux animaux  

En 2015 les simples se rapprochent du sénateur Joel LABBE (auteur de la loi labbé qui a interdit l’usage des pesticides dans les lieux publics) pour lui proposer de travailler sur la reconnaissance des métiers de l'herboristerie et notamment celui de paysan.ne-herboriste

En 2018 nous participons activement au travail parlementaire de la mission Labbé

 Tout au long de la dernière décennie se multiplient des luttes environnementales, sociales contre des grands projets inutiles comme la centrale à gaz de landivisiau), la cellule Demeter les mégas-bassines, etc. 

 

En 2022 le projet du syndicat est de "faire mentir" Pierre Lieutaghi qui écrivait en 2006  « Il semble que le temps s'annonce où les connaissances populaires en matière d'usage de la flore seront globalement déclarées hors-la-loi; elles ont déjà pour première et scandaleuse particularité de ne pas générer de profits repérables: pour les nouveaux gendarmes de la nature, il est urgent de les remettre aux mains expertes qui sauront les placer sous tutelle savante à des fins rémunératrices, ou pour prévenir toute concurrence avec les produits de l'industrie ».

 

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08 - FETE DES SIMPLES à Chanteix (Corrèze) - 24 & 25 septembre 2022

 LES SIMPLES FÊTENT LEURS 40 ANS !

 

1982-2022
PRESERVER, RESISTER, TRANSMETTRE

 

Marche des producteurs, Forum des associations, CONFERENCES, Ateliers, botanique, encres végétales, cosmétique, Librairie, Soirée concert, restauration bio, etc.

programme infos et réservations sur https://www.fetedessimples.org/16-limousin-chanteix/

 

« Depuis 40 ans des femmes et des hommes ont consacré leur vie à préserver des savoirs et des savoir-faire traditionnels liés aux plantes médicinales, à résister à l’industrialisation et à la robotisation du monde, à transmettre leurs connaissances et leurs convictions.

Aujourd’hui les plantes connaissent un engouement populaire en expansion constante, mais ont-elles encore une place et un avenir au moment de l’avènement du tout-virtuel, du tout-sécuritaire et de l’effondrement de la biodiversité ? » 

A l’aube des années 1980, les paysans et leurs savoirs sont alors à l'agonie en France dans une quasi indifférence de la société. Les savoirs et les usages des plantes sauvages sont méprisés, relégués aux oubliettes de l'histoire, sauf par quelques pionnier.e.s qui leur portent un autre regard et essaient de sauvegarder et de « vivre » cet héritage culturel en train de disparaitre.

Ils s’installent dans des zones de montagnes, alors en voie de désertification (Cévennes, Haute-Provence, Haute-Loire, Vosges, Ariège, etc.) pour cueillir et cultiver des plantes aromatiques et médicinales et fondent en 1982 en Cévennes le syndicat SIMPLES. Ils sont attachés à la défense de l’environnement, à la liberté et à l’autonomie.

  Ils seront par exemple parmi les premiers et très rares lanceurs d’alerte à la pollution radioactive au moment de la catastrophe de Tchernobyl, contre l’omerta de l’Etat et des instances agricoles. Au cours de la décennie un mouvement populaire plus large pour l’intérêt des plantes renaît peu à peu. La consommation nationale augmente et commence à intéresser des grandes entreprises non pharmaceutiques (Yves Rocher, Mességué, etc.) bien que l’Etat légifère à l’envers de ce courant en déremboursant les plantes en 1990 (Loi Evin).

Malgré les prémices de la reconnaissance du public dans les années 1990, le syndicat doit de plus en plus entrer en lutte contre les « agressions » des pouvoirs publics et contre le développement exponentiel de l'agrochimie et les pollutions 

En 1992, l'Etat prend le contrôle de la bio avec la norme AB et signe la fin de la reconnaissance officielle des cahiers des charges "privés" (Simples, Nature & Progrès, Demeter)

La même année, la DGCCRF intente un procès procès à un producteur du département de la Loire, Michel Cartal au nom de la Loi Montagne. On lui reproche de faire référence à la montagne sur ses tisanes alors qu’il n’a pas payé et suivi la procédure de certification alors qu’il habite et travaille à plus de 1200 m d’altitude !!!  

En 1998 c’est la lutte contre le projet de barrage de Chambonchard sur le Cher dans une vallée qui n’abrite pas moins de 19 espèces végétales protégées ! un formidable territoire de plantes médicinales sauvages à défendre.

Le procès de la coopérative Biotope des Montagnes a lieu en 2002. Quinze productrices et producteurs du syndicat Simples sont co-inculpés et condamnés en première instance pour avoir simplement vendu des sachets de tisane de prêle des champs dans une boutique bio du Calavados ! C’est la relaxe et la victoire en appel à Nimes en 2005

En 2006 nous fêtons la victoire avec la 1ere fête des Simples à Nant en Aveyron pour interpeller le grand public sur les réalités de notre métier. A la suite, 10 éditions successives vont se succéder dans un tour de France des régions elles rassemblent de 5000 a 8000 personnes en octobre de chaque année  

En 2008 le ministère de la santé décide de la modification du Code de la santé publique et de la révision de la pharmacopée, nous sommes invités pour la première et l’unique fois à ce jour au Ministère de la santé. 148 plantes seront libérées par décret en 2008.

            C’est aussi l’époque où le syndicat s’ouvre aux demandes de producteurs des plaines qui aboutiront à la création des massifs de Bretagne et de Bourgogne

            Depuis les années 2000 le syndicat fait face à une escalade des menaces administratives et environnementales qui sont la conséquence des dérives d'une société sécuritaire et d'une politique néolibérale hostile à la protection de l'environnement, l'engagement politique des simples devient une question vitale, il est inévitable.

L’Etat diligente la DGCCRF pour interdire à Simples l'usage des préfixes « bio » « éco » sur tous les supports de communication.

La même DGCCRF lance une enquête nationale sur les alcaloides pyrolizidiniques, c’est le harro sur des plantes traditionnelles comme la consoude ou la bourrache. 

En 2014, un décret limite drastiquement l’usage médicinal des plantes pour le soin aux animaux  

En 2015 les simples se rapprochent du sénateur Joel LABBE (auteur de la loi labbé qui a interdit l’usage des pesticides dans les lieux publics) pour lui proposer de travailler sur la reconnaissance des métiers de l'herboristerie et notamment celui de paysan.ne-herboriste

En 2018 nous participons activement au travail parlementaire de la mission Labbé

 Tout au long de la dernière décennie se multiplient des luttes environnementales, sociales contre des grands projets inutiles comme la centrale à gaz de landivisiau), la cellule Demeter les mégas-bassines, etc. 

 

En 2022 le projet du syndicat est de "faire mentir" Pierre Lieutaghi qui écrivait en 2006  « Il semble que le temps s'annonce où les connaissances populaires en matière d'usage de la flore seront globalement déclarées hors-la-loi; elles ont déjà pour première et scandaleuse particularité de ne pas générer de profits repérables: pour les nouveaux gendarmes de la nature, il est urgent de les remettre aux mains expertes qui sauront les placer sous tutelle savante à des fins rémunératrices, ou pour prévenir toute concurrence avec les produits de l'industrie ».